Le jeu de la Vie, la Scène et le Yoga

Nous sommes tous des magiciens ! Nous créons nos empires où bidonvilles nos tenues d’empereur ou de clochard.
Le Yogi, tel un « Diogène » se ballade nu dans sa vraie nature. Nul besoin d’artifice un oui est oui un non un non. Le passant éberlué par ce qu’il voit comme pauvreté chez l’ascète en oublie sa vraie nature. Il court de tenues en tenues, de paraître en apparences, d’illusions en projections.
« Nul ne va au théâtre pour voir la scène vide. Nul n’irait au cinéma pour fixer la blancheur de l’écran, nous voulons y voir des drames, ainsi que des vies s’écrouler, nous voulons sentir le frisson des amours, les pleurs des séparations et le baiser de la mort ».
C.Pisano, La contemplation du héros « Ils sont fatigués dans la multiplicité de leurs voies sans dire jamais : demeurons au repos » LA BIBLE, Isaïe,57-10
Si je cours dans ma pratique, si le seul mouvement m’agite, je ne laisse pas l’espace de la posture dans la posture. Je « stretche » comme je stress. Il me faut sentir le silence de l’asana dans le non effort du lâcher prise. Tenir, accueillir la prière posturale et lâcher l’esprit tout puissant qui cherche la perfection ou l’échec.
Accepter le « c’est tendu » et pas le « J’ai mal » de réaction. Respirer, ses points d’ancrage. Aspirer l’éther dans le corps en aspirant les chevilles vers le haut, lorsque la flegme et la pesanteur l’écrase vers l’avant ou le bas. Inviter la Terre en insistant sur ses appuis pour amener la stabilité lorsque l’esprit s’agite et la posture vacille. Faire naître les éléments pour les équilibrer selon la ligne médiane, véritable « Guru » du postural : Droite-gauche, devant-derrière , en haut -en bas. Et puis y établir sa demeure et pas simplement un «beau » corps. Sentez comment vous êtes dans votre tête et pas dans vos pieds, comment à force de ruminer la haut, vous n’êtes plus dans l’ancrage et l’action.
Sentez comment vous avez quittez la réalité pour le virtuel et re-connectez vous.
Respirez pour survivre ou respirer pour décupler son potentiel ?
Ouvrir le sternum en invitant sa puissance pour ne pas bomber le dos dans la dépression.
Le corps est l’esprit, l’esprit est le corps. Aligner le corps, l’esprit et l’âme. Tel est le Yoga, tel est le chemin !
« Le corps est mon temple, les asana sont me prières. Chaque asana vous enseigne l’art du silence
Chaque asana est libre. Diffuser cette liberté partout. » BKS IYENGAR

S’entraîner à regarder ce corps avec les yeux du témoin au lieu de prendre:
« un soin extrême à protéger cette garde-robe de préjugés, de croyances, qui créent une forme et me figent dans une structure que j’appelle mon corps ». C.Pisano

De la naissance où, je ne suis qu’une vibration, nous cristallisons, tétanisons le flux pour devenir quelqu’un. Lorsque je parle d’une posture d’enfant après un « Savasana », c’est pour vous rappeler à ce bon souvenir de votre insouciance, effervescence et fluidité de vos corps enfantins.
Par le Yoga, vous ressentez ce corps vibrant ou solidifié. La simple contemplation, de la totale évanescence, de la non-substance de ce corps dans la spontanéité et l’innocence du non jugement est le Yoga. Lorsque la tension apparaît dans l’asana, je la déroule dans l’acceptation du souffle et du lâcher prise. Lorsque le plaisir m’envahit dans l’asana, je l’admire sans le retenir et le diffuse dans mon corps.

« L’exploration du processus de solidification de la semence de Siva …est le rituel de consécration du corps, où l’on ne met plus l’accent sur ce dernier ». C.Pisano
Le corps, le « Sarira » et ses différentes enveloppes dans le Yoga, doivent devenir la scène, le lieu d’exploration de vos états de conscience. Une simple contemplation pour se révéler libres de surimposition, de saisie.
« Nous portons encore en nous, comme un murmure, l’insouciance de ces corps d’enfants où tout n’était qu’ effervescence, fluidité des mouvements déployant des mudra spontanées, des gestes sacrés, dans la joie comme dans les pleurs. Nous portons encore en nous, toujours présente, la célébration légère de nos rondes enfantines, où nous étions ivres de notre propre pleinitude ».
Christian Pisano, la contemplation du héros
Hari Om Tat Sat
Lisez et oubliez tout …