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BIOGRAPHY

INGRID

INGRID

ANUSARA / VINYASA / NIDRA

Rencontre avec Ingrid Guérin du Studio Urb Yoga Avignon

 

Mon yoga :

Je suis avant tout attachée au yoga par des aspects profondément éthiques. Le bonheur que j’ai à enseigner plonge profondément dans le ressenti des élèves, plus que dans la technique, même si elle reste un important point de départ. C’est pourquoi je m’attache particulièrement aux formes les plus spirituelles du yoga, notamment le yoga Nidra – yoga du sommeil. Sa pratique requiert un apprentissage exigeant, long, mais dont le bienfait touche aux points clés de la personnalité. Ces dernières années, j’ai particulièrement aimé croiser mes connaissances sur le yoga avec les recherches faites en neurologie. Je me suis associée à une équipe scientifique qui voulait explorer et éclairer ses incidences en découvrant les mécanismes cérébraux qu’il met en œuvre, les zones du cerveau qu’il active par étapes. Cela permettra sans doute à l’avenir de mieux expliquer le bénéfice tangible que l’on peut tirer du yoga. Cela élargira aussi le public des pratiquants en gommant les réticences de ceux qui n’y verraient encore qu’un vague exercice d’assouplissement trempé de mysticisme flou…
En tant qu’enseignante et chercheuse, j’aime fédérer des personnalités qui créent des synergies et partagent des savoirs, et dont l’envie d’enseigner outrepasse largement l’aspect routinier ou mercantile. Il faut dire que la mode du yoga peut parfois offrir de tristes exemples qui tendent à le réduire à une sorte de discipline sportive…
Ma pratique part d’une volonté de faire coupure avec les situations délétères qui peuvent être vécues au fil de la vie. Le yoga est venu poser dans ma propre vie les mots d’une profonde bienfaisance, il est un chemin dont j’avais trouvé les premières sentes instinctivement, dans des réflexes de défense dont l’enfant que j’étais avait eu besoin face à un contexte familial difficile. Mais mon long apprentissage, remonté aux sources, m’a appris qu’il conduisait au-delà des réparations, vers une forme d’extrême simplification. Le yoga est capable de mettre notre conscience en résonnance avec le monde, pour rétablir certains vecteurs du bonheur intriqués dans les formes les plus essentielles de la vie.
Ceci dit, je crois sincèrement qu’il y a des choses à apprendre, que les générations qui ont longuement élaboré les différentes formes de yoga, qui ont construit ses ramifications en explorant ses possibilités tangibles, ont des savoirs à nous transmettre par-delà les siècles, pour mieux habiter l’espace de vie qui nous est donné.

Mon parcours vers le yoga :

Après avoir quitté un milieu familial marseillais haut en couleur, et bien trempé de frasques dangereuses qui m’ont appris à m’endurcir et à lutter, j’ai poursuivi la soif de savoirs qui avait participé à m’extraire. Mon cursus m’a conduite vers un DESS de géographie urbaine, puis m’a fait plus tard entamer à Shanghai un DEA en droit de l’urbanisme. J’ai parallèlement plongé dans la littérature qui est en amont du yoga, les vedas, les sutra Patanjali, le Mahabharata, le Ramayana…
Ma première rencontre concrète avec un yogi, à Marseille, ne m’a pourtant pas satisfaite, car elle ne m’a pas apporté autant que ce que laissaient augurer mes lectures, notamment au plan spirituel, qui semblait être la clé de l’accès à un autre niveau.
C’est pour cela que je me suis rendue à Shanghai, pour suivre l’enseignement de yoga Iyengar. Je crois pouvoir dire que je me suis parfaitement fondue à la vie chinoise, la langue, la culture, les modes de vie, et que j’en garde aujourd’hui de grands enrichissements puisqu’une partie de ma vie se fait toujours là-bas.
Au-delà d’une plus grande spiritualité, j’ai appris une véritable rigueur, et j’ai pu éprouver l’intérêt d’une progression dans la pratique, accompagnée de profondes méditations spirituelles associées à la méthode pranayama.
Pour continuer mes investigations, je me suis ensuite intéressée à l’Anusara, excroissance de l’Iyengar développé par John Friend. Il y avait un centre important à Cincinnati, le centre Shine, et j’ai laissé ma vie chinoise pour plonger un temps dans une vie américaine. J’ai eu comme professeurs Wendy Anderson, Sienna Shermann, Amy Ippoliti…
Ma progression s’est poursuivie vers la découverte du yoga Nidra, notamment avec Rod Stryker.
C’est à ce stade que j’ai acquis suffisamment de gammes pour commencer à composer avec les outils du yoga, et à pouvoir moduler ma pratique en fonction des élèves, comme s’il fallait pour chacun écrire une partition, de même qu’il faut certainement apprendre une partition pour soi-même. Cet apprentissage intensif et polymorphe m’a conduit à rejeter les méthodes standardisées, qui font ressembler les postures, les asanas, à des performances.

 

Mon parcours de yogi :

J’ai commencé à enseigner le yoga aux Etats-Unis, puis, mon parcours de formation franchissant un cap, je suis rentrée en France.

J’ai rencontré Mathieu, un des trois maîtres du Nidra dans l’hexagone, mais aussi grand connaisseur de tous les yogas, notamment du kurma yoga. Il m’a aidée à parfaire ma pratique du Nidra, et à en approfondir le sens. Sa vraie connaissance du sanskrit lui permet de catégoriser et situer, de façon critique, le yoga dans le grand appareil des langages sacrés et des pratiques orientales.

Je suis également allée à Londres rencontrer Uma et Nirlipta, parce qu’ils étaient les premiers à essayer de faire une synthèse des courants du yoga Nidra, et qu’ils mettaient à disposition leurs recherches pour nourrir les enseignants. Le Nidra est implicitement tendu vers une mise en relation apaisée avec le monde et avec soi. C’est ainsi qu’une boucle s’est faite entre mes premiers réflexes d’enfant qui réparaient la terreur et mon parcours dans le yoga, pour évoluer vers une pratique détachée et ouverte, capable de me restituer un sens apaisé et harmonieux du néant, une extrême réceptivité de l’instant. Le yoga Nidra implique un grand confiteor, que l’on s’en remette les « yeux fermés », littéralement, à un maître. Il met en jeu tellement de fragilité, de conscience, et de finesse, qu’il exige des maîtres pleinement conscients de leur engagement, capables d’accompagner une élévation spirituelle.
Parallèlement, mes collaborations avec les chercheurs en milieu hospitalier ont abouti à me faire travailler avec eux pour faire du yoga thérapie. J’aime cet exercice qui me met face à des exigences de mieux être et me place devant l’épreuve des résultats concrets et visibles ! Et puisque cette activité s’accroît, j’y trouve une confirmation tangible de l’utilité et de la pertinence de mes recherches.
Je me félicite également d’une collaboration nouvelle avec Patrick, avec qui j’essaie de mettre en place un échange ouvert, qui mélange ses compétences de yogi, de shivaïste, sa maîtrise des pratiques tantriques. Nous construisons ensemble une somme théorique et pratique que nous mettons à l’épreuve des thérapies, et qui devra donner lieu à des publications futures, car nous avons un grand souci commun de transmission, de découverte, et parce que ce qui nous comble, c’est vraiment d’aider, de réconforter, d’ouvrir des pistes nouvelles de bonheur.

 

Mes objectifs d’enseignante du Studio Urb Yoga Avignon :

Je me suis attachée à suivre un parcours d’exploration réelle du yoga, sans concessions, en pratiquant une vraie immersion au plus près des sources.
J’aimerais que les pratiquants que j’accompagne puissent accéder au sentiment que « tout coule », comme le pensaient les premiers philosophes grecs, et se resituer dans un rapport élémentaire à soi et au monde, dépouillé, apaisé et apaisant, profondément bienfaisant.
Je pousse ainsi d’abord systématiquement mes élèves à se faire violence pour bousculer leur quotidien, se débarrasser de ses scories, aller de l’avant sans peur.
Je pratique le yoga avec des gens qui viennent me voir parfois avec des problèmes à résoudre, parfois avec le seul besoin, souvent mal exprimé, de recouvrer une unité de conscience. Ceci dit, je perçois nettement qu’il y a autre chose qui est relié au sacré dans le Yoga Nidra, invisible mais perceptible à travers la respiration et les énergies que les élèves vont générer pendant la pratique, qu’ils vont rapporter dans leur vie quotidienne.

 

Mon travail sur le yoga :

Je suis très attachée à travailler avec des yogis toujours conscients de ce qu’ils mettent en jeu. Ils doivent absolument dominer leur sujet, mais avec humilité et prudence, surtout avoir une éthique par rapport à leurs élèves.
Je peux dire qu’en tant que femme et que yogi, je suis apaisée, et j’ai appris en créant des contextes de travail qui fédèrent les êtres, que ce qui me motive profondément aujourd’hui, c’est de créer des unions, comme l’indique la racine du yoga.
J’aime réduire la fracture que sous-tend la conscience face au monde. Je crois en la vertu bienfaisante profonde du yoga, dont j’observe tous les jours la confirmation tangible et heureuse des élèves ddu Studio Urb Yoga Avignon.